Emile Gallé, botaniste et scientifique
Auteur(s) : François Le Tacon
Une des sources essentielles de l’inspiration artistique d’Émile Gallé a été la flore à laquelle il vouait un véritable culte. L’idée de s’inspirer de modèles botaniques n’est pas nouvelle dans l’histoire de l’art. Mais Émile Gallé a renouvelé l’art décoratif en étudiant la nature en savant, en artiste et en poète.
Jusqu’à sa mort, il a tenté de percer les secrets de la vie en l’analysant avec la rigueur du scientifique. Ayant ainsi compris sa complexité et sa beauté, l’artiste l’a contemplé mieux que tout autre avec des yeux d’amant. Gallé, le poète, a transcendé la nature par le verbe et lui a donné une nouvelle forme en pétrissant la terre, en maîtrisant le verre et en façonnant le bois.
Émile Gallé se familiarise très tôt avec le monde des plantes. Virginie Mauvais, sa préceptrice, lui apprend à lire dans Les Fleurs animées de Grandville. Cet
ouvrage se termine par les traités de botanique et d’horticulture de Louis-François Raban (1795-1870).
En 1860, à l’âge de quatorze ans, Émile Gallé se lie avec René Zeiller (1847-1915), lui-même âgé de treize ans et aussi élève au lycée impérial de Nancy [2-4]. Cette amitié est le véritable point de départ de l’intérêt de Gallé pour la science et la botanique. Le grand-père maternel de René Zeiller était Charles-François Guibal (1781-1861), petit-fils de Barthélemy Guibal, sculpteur du roi Stanislas Leszczynski. Pendant la dernière période de sa vie, Charles-François Guibal avait fait à Nancy la connaissance de Dominique Alexandre Godron, professeur de botanique à la faculté des sciences de
Nancy et suivait ses excursions. Il emmenait en promenade ses petits-fils Paul et René Zeiller. Charles-François Guibal emmène aussi Émile Gallé, l’ami de son petit-fils René, herboriser et lui fait faire la connaissance de Godron. Après la mort de Charles-François Guibal, Émile Gallé et René Zeiller continuent à herboriser.
Toutes les observations floristiques qu’Émile Gallé est amené à effectuer lors de ses nombreuses excursions botaniques sont soigneusement inscrites dans des carnets.
Les observations les plus intéressantes sont transmises au professeur Godron. Godron utilise certaines de ces observations, tout d’abord pour sa Notice sur les explorations botaniques faites en Lorraine de 1857 à 1875 [5] et pour sa Flore de Lorraine parue en 1883 après sa mort.
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