Jardin de Cristal
Emile Gallé, citations et dédicaces sur verre Emile Gallé, citations et dédicaces sur verre

Emile Gallé, citations et dédicaces sur verre

Auteur(s) : François Le Tacon


Les citations gravées par Emile Gallé sur ses oeuvres de verre ont été classées suivant l’ordre alphabétique du nom de leur auteur. Viennent ensuite les citations extraites des Contes des Mille et une Nuits, les citations extraites des Evangiles, puis les citations extraites des traditions populaires et des citations d’origines diverses. Nous avons ensuite regroupé les citations attribuées à Emile Gallé. Un certain nombre sont en réalité des citations dont les auteurs n’ont pas été identifiés. Les dédicaces avec ou sans citations ont été regroupées à la fin.
Les citations gravées par Emile Gallé sur ses oeuvres de verre ont été classées suivant l’ordre alphabétique du nom de leur auteur. Viennent ensuite les citations extraites des Contes des Mille et une Nuits, les citations extraites des Evangiles, puis les citations extraites des traditions populaires et des citations d’origines diverses. Nous avons ensuite regroupé les citations attribuées à Emile Gallé. Un certain nombre sont en réalité des citations dont les auteurs n’ont pas été identifiés. Les dédicaces avec ou sans citations ont été regroupées à la fin.

Plusieurs citations ont été transcrites sur verre de manière inexacte. Si nous nous référons aux listes manuscrites établies pour les oeuvres intuitu personae, il semble bien qu'Emile Gallé utilisait les citations de mémoire, ce qui explique les inexactitudes. Certaines erreurs sont aussi le fait des émailleurs de Meisenthal ou des graveurs de Nancy qui pouvaient avoir des difficultés à déchiffrer l’écriture d’Emile Gallé. Les citations tirées des traditions populaires, ou d’auteurs anciens comme François Villon, ne sont pas rares sur les verreries émaillées exécutées à Meisenthal avant 1894. Elles sont plus fréquentes sur les pièces de grande qualité exécutées à la roue ou en marqueterie. Elles sont très rares sur les pièces de série décorées à l’acide. Une même citation peut être apposée sur des pièces différentes et inversement des pièces identiques peuvent porter des citations différentes. Après la mort d’Emile Gallé, les citations ont disparu des verreries. Cependant jusqu’en 1914, deux citations patriotiques ont été conservées : Cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon coeur fidèle la plainte des vaincus et Qui s’y frotte s’y pique.
Les citations rapportées dans cette annexe ne sont certes pas exhaustives. Beaucoup de pièces de collections privées ne sont jamais passées en vente publique. Leurs éventuelles citations restent donc ignorées, sauf pour quelques unes qui ont pu être retrouvées dans divers documents manuscrits d’Emile Gallé.

Amiel Henri

Vitam impendere vero.

Extrait du Journal de l’année 1866, p. 285, samedi 12 mai 1866 : Selon la devise de Jean-Jacques : Vitam impendere vero. Il s’agit en réalité d’une citation de Juvénal.
Vase Hippocampe, musée des Arts décoratifs, Paris, inventaire n° 24 516.

N’endurcissez point vos coeurs.
Extrait du Journal de l’année 1866, p. 435, samedi 8 septembre 1866 : Aujourd’hui, même si vous entendez la voix de Dieu, n’endurcissez point vos coeurs.
Pichet en forme de coloquinte, vente du 20 novembre 1990, Mes Ader, Picard et Tajan, Tokyo. Cruche, en forme de gourde, 1900, Philippe Garner, 1976, p. 110.

Banville, Théodore de

Nous monterons enfin vers la lumière - Th. de Banville.

Vase en marqueterie de verre, circa 1900, Emile Nicolas, La Lorraine artiste, 1901, p. 51. Alastair Duncan et Georges de Bartha, 1984, p. 111. Vase, die Sammlung Hentrich im Kunstmuseum Düsseldorf, inventaire n° P 1984-44.

Nous monterons vers la lumière.
Coupe, vente du 26 11 1979, Paris-Drouot et vente du 04 juillet 1989, Paris-Drouot, Mes Étienne Mercier et Ghislain Grandin.

Ce chant est de vil espoir, mystère, amour, effort. Th. de Banville.
Coupe Dragon et pélican, 1890, National Museum of Ireland, Dublin. Cette oeuvre porte une autre citation : Je dis le chant plaintif des âmes prisonnières. Et des monstres fuyant le jour en leurs tanières.

Baudelaire Charles

Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne,
Ô vase de tristesse, ô grand taciturne.

Vase diabolo à décor d’ancolies, musée Gallé, Nasu-Machi, Japon.
Extrait des Fleurs du mal :
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne,
Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,

Et t'aime d'autant plus, belle, que tu me fuis,
Et que tu me parais, ornement de mes nuits,
Plus ironiquement accumuler les lieues
Qui séparent mes bras des immensités bleues.

C’est là que j’ai vécu dans des voluptés calmes.

Vase aux hippocampes, Exposition universelle de 1900, Henrivaux, 1911, p. 584.
Extrait des Fleurs du mal, la vie antérieure :
C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,

Pour tirer un soleil de nos coeurs, et pour faire
de nos pensées brûlantes une tiède atmosphère.
Baudelaire.
La monstrance de verre :
récipient couvert à décor en marqueterie de verre de fleur de la passion, d’épines et de gouttes de sang ; 1900. Musée de l’Ermitage, inventaire n° 1633.

Une âme qui revient. Ch. Baudelaire.
Vase dédié à Madame Emile Hannover, 1891. Danske Kunstindustrimuseum Copenhague, inventaire n° B 48/1923.

La mer, la vaste mer, console nos labeurs. Baudelaire.
Vase au Lys de mer, musée de l'Ecole de Nancy, inventaire n° HH 9, ancienne collection Henry Hirsch.

Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes,
Ô Mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!
Baudelaire, L’Homme et la Mer.
Extrait des Fleurs du Mal, 1861, pp. 18-19. I Spleen et Idéal, XIV L’Homme et la Mer :
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes,
Ô Mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, Ô frères implacables!

Flacon Les secrets de la mer, Salon du champ de Mars, 1892. Alastair Duncan et Georges de Bartha, 1984, p. 32 et Écrits pour l’Art, 1908, p. 124.

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir.

Extrait des Fleurs du mal, 1861, p. 51, I Spleen et Idéal, XLVII Harmonie du soir :
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige. . .
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!

La fleur de la passion ou Monstrance de verres multicolores mosaïqués et ciselés, Exposition universelle de 1900. Emile Nicolas, La Lorraine artiste, p. 167, figure 3. musée de l’Ermitage, Saint-Pétesbourg, pièce offerte à la Russie par le Président de la République française, Emile Loubet, lors de son voyage en Russie en 1902.

. . . . . Des granges
Pleines de moisson, et des fleurs
Dont les formes et les couleurs
Gagnent le suffrage des anges.
Baudelaire

Étude sur La Passiflore, vente du 7 décembre 1987, Me Ader, Paris-Drouot.

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D’un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d’un portique fabuleux
Dans l’or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

Baudelaire.
Extrait des Fleurs du mal, 1861, p. 52-53, I Spleen et Idéal, XLVIII Le Flacon.
Raisin mystérieux, cruche avec bouchon, vente du 27 06 1988, Genève, n°69 du catalogue. autre exemplaire signé Gallé Exposition de 1900, collection particulière, Edith Mannoni, p. 28, s. d., Suntory Museum of Art, inv. G545, Tokyo, Japon.

Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment. . . Ch. Baudelaire.

Extrait des Fleurs du mal, 1861, p. 107, II Tableaux Parisiens, XCV, Le crépuscule du soir :
Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment. ,
Et ferme ton oreille à ce rugissement.
C’est l’heure où les douleurs des malades s’aigrissent!
La sombre Nuit les prend à la gorge.

Vase cornet, vers 1890, modèle présenté à l’Exposition universelle de 1889. Kuntsindustrimusem, Copenhague, inventaire n° 1037 ; bouteille Le Genièvre, vente du 19 juin 1990, Paris-Drouot, Me Guy Loudmer ; vase Le grave moment, Exposition de Bruxelles, 1894.

Dans tes profondeurs, forêt aromatique.
Baudelaire.

Extrait de La chevelure.
Vase à décor d’orchidées, musée d’Art et d’histoire, Genève, inventaire n° v 18.

Dans le coeur immortel qui toujours veut fleurir.
Extrait des Fleurs du mal, 1861, pp. 92-93, II Tableaux Parisiens, LXXXVII, Le soleil :
C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le coeur immortel qui toujours veut fleurir!

Vase multicouche en forme de fleur de chardon, monture en fer forgé à feuilles de chardon ; signé Emile Gallé fecit Nancy 1894, vente du 21 novembre 1997, Me Poulain et Le Fur, Paris-Drouot.

Endormeuse des saisons.
Vase présenté à l’Exposition universelle de 1900 par Louis Hestaux, Emile Nicolas, La Lorraine artiste, numéro du 15 janvier 1901.

L’aurore grelottante en robe rose et verte.

Extrait des Fleurs du mal, 1861, pp. 119-123, II Tableaux Parisiens, CIII, Le crépuscule du matin :
L’aurore grelottante en robe rose et verte
S’avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux.

Vase, catalogue de la Société nationale des beaux-arts , 1894.

En ses creusets
Le langage des fleurs et des choses muettes.
Baudelaire.

Extrait des Fleurs du mal, 1861, p. 9, I Spleen et Idéal, III Élévation :
Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor
Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes.

Vase à décor de fleurs, 1896, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg, inventaire n° 23412.

Non de perles brodé, mais de toutes les larmes.
Extrait des Fleurs du mal, 1861, p. 9, I Spleen et Idéal, LVII A une Madone :
Non de perles brodé, mais de toutes les larmes!
Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant,
Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend,
Aux pointes se balance, aux vallons se repose,
et revêt d’un baiser tout ton corps blanc et rose.

Buire Le coudrier, 1893, musée d’Orsay, Paris, inventaire n° OAO 1170.

Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient,
D’où jaillit toute vive une âme qui revient.
Baudelaire.

Extrait des Fleurs du mal, 1861, p. 51-52, I Spleen et Idéal, XLVIII Le Flacon :
En ouvrant un coffret venu de l’Orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant,
Ou dans une maison déserte quelque armoire
pleine de l’âcre odeur des temps, poudreuse et noire,
Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient,
D’où jaillit toute vive une âme qui revient.

Vase Le Genièvre, musée de l'Ecole de Nancy, inventaire n° 342, don J. B. E. Corbin, signé et daté : Gallé 1900. Vase à panse étranglée, à décor de genièvre, vente du 06 avril 1973, Versailles.

Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient.
Extrait des Fleurs du mal, 1861, p. 51-52, I Spleen et Idéal, XLVIII Le Flacon.
Vase Le Genièvre, château-musée de Boulogne-sur-Mer, inventaire n°756. Vase, musée de l'Ecole de Nancy.

La Nature est un temple, où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles.
L’homme y passe à travers des forêts de symboles,
Qui l’observent avec des regards familiers.

Vase, catalogue des envois de Gallé à l’Exposition universelle de 1900 et le Décor symbolique, Ecrits pour l’Art, p. 220.

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes.
Vase Les Hippocampes, présenté dans la vitrine l’Ame de l’eau à l’Exposition universelle de 1900 (M. de la Sizeranne, cité par Jules Henrivaux, 1911).

Beaufils Edmond

Comme un sourire d’âme lasse, Ed Beaufils.
Vase cylindrique en marqueterie de verre, vente du 16 avril 1996, Paris-Drouot, Me Dominique Watine-Arnault.

Un sourire aux âmes lasses.
Flacon en verre incolore à décor d’ancolies gravé en creux à la roue. Collection particulière.

Béranger Pierre Jean de

Hommes noirs d’où sortez-vous,
Nous sortons de sous terre.

Vase Les hommes noirs, musée de l'Ecole de Nancy.

Berlioz Hector

Par une telle nuit.
Berlioz.

Coupe, 1894, musée d’Orsay, Paris, inventaire n° OAO 302.

Cueillir la fleur de neige
Vase en marqueterie de verre, signé Gallé Exp. 1900
Extrait de l’île inconnue, Les nuits d’été, Théophile Gautier et Hector Berlioz
Est-ce dans la Baltique ?
Dans la mer Pacifique,
Dans l'île de Java ?
Ou bien est-ce en Norvège
Cueillir la fleur de neige,
Ou la fleur d'Angoska ?

Quittenbaum Kunstauktionen GmbH
Hohenstaufenstrasse 1
Munich Germany, vente 2007.

Bossuet Jacques


Toujours de même.
Extrait De la connaissance de Dieu, 1704, p. 73, chapitre 1, p. 150, chapitre 3 et pp. 224-225, chapitre 5.
Cruche vert blanc nuagé d’or, Ecrits pour l’Art, 1908, p. 312.

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